19/06/2019

corps de temps






N'est pas grand chose, est bien connu, n'est pas si grand, pas si lourd, s'observe et s'image, il est une sorte d'ambiguïté / le corps n'abonde pas, se creuse, fait mine, restreint est restreint, il se casse / on peut casser le corps, le brûler, le briser, le dissoudre, le propulser, l'amoindrir, le destituer, / le corps à besoin d'aide et n'a pas besoin d'aide, sait se défaire, muter feindre, s'abstraire, fendre, sait se joindre, est joint, est mis en relation, mis en liens, en vue de comparaître / comparaissent, sont astreints, se terrent seuls / (il éclos) / corps enquille, stabilise et chute, sait s'en remettre, corps suffisant, ne cesse de se suffire, de s'extraire, de s’emplir, corps abondamment étudié, fixé, filtré corps exfiltré, démunie, le corps est bien connue, on en a trop dit du corps est ce qui est dit / est las / est debout, est entassé au fond, / corps passent leurs temps à s’abîmer, / l'un dans l'autre se fondent et se reflètent, ne cessent de s'esquinter, de s'inquiéter, de proie corps d'esquive, mouton de Panurge et patauge fœtal, corps de fuite, de chaire et d'os, corps défait, / le corps n'est pas terminé, il est embauché, emboîté, débuté, heurté aux parois de peau de son trou, corps de trop, d'éclat, corps de tas, d'état corps froid, corps identifié, civile de son nom, corps d'enclume, d’emphase, conduit et reconduit, à la chaise aux frontières, fixe corps conducteur, flux d'attaques et de chutes, obsédant corps absent, pot d'organes sanglées, corps sanglant, exproprié de son jus, n'est pas grand chose, / est bien connu, / est une réunion de membres émérites, le corps pousse et se déplie, tire et se rétracte, diminuant, matière floue truande les mondes, corps s'offre aux travers des ordres, s'expose fait face et figure, de signes étouffés, corps ennuyé, tordu aux plis des cordes qui le disent, d'envergure glisse sur la pente d'un corps détruit, corps de plaidoirie, corps à contumace squatté de cent visages / fonction de corps et d'oppression, petite chose maintenue, de l'en dehors et de l'en dedans, support de toutes les suspicions, corps projeté, de langue et d'écarts et de ses suites dans le temps, corps caché, corps décevant, fourche, de plâtre et de marbre, corps d'encombre, long fil et tête de courge, corps d'attente, support et lieu du feu maintenu, corps entretenue entre-corps, médical, patient, dédié, attribué, le corps est un détail, est l'élément, la perturbation, l'ennemi, le corps est dispersé, il est tiré, il est passé, est frappé, brûlé, rompu, le corps est asséché, est éteins, le corps est tue /, il est sommé, sommaire, corps sommation, le corps est craché, mis en chaire et retiré, le corps est vomi, mutilé le corps est retrouvé, de terre et de bave, de cyprine et de sang, de graisses de cire le corps est changé, repassé, petit à petit se perd, de sa prétendu multiplicité, de paire, corps perdu, petit à petit moyen faisant le corps s'évase, / corps étendus, penchant, ficelé, surface est sillonnée, dont la structure sèche se fend, héberge le feu, l'eau, l'air, le corps de temps abrège, héberge, grouille d'atomes vibrants, sature de cellules invisibles et combattantes, le corps est une place vacante, tout en lui bouge et le dit, corps de faims, transforme et convulse, en course d'air, de trous et de respirations, de soleils silencieux que ponctuent les coups que prend le corps, obstrué par mille principes, une mémoire d'enfant portant cent villes au cœur, / déjà parcourus / on s'absente à lui, le corps s'absente et suis la tête, le corps est maigre, il s'expose, en temps de pose longue, puis il reste, comme avant, sans vraiment n'avoir jamais été là, le corps est prêt, corps est hors de tout, le corps est long et dur, il naît dans l'eau, est plongé, flotte est remous, berce est bercé, se froisse, / dans la rue se heurte, n'est pas plus que ça / il répète un mouvement circulaire, se rassure, le corps ne dure pas longtemps, il s'arrange, l'accord n'est pas quotidien, le corps se braque, est braqué, se brusque, se fait contrôler, se fait miner / le corps meurt, est maintenu / quitte ici, s'échappe et s'échaude, tombe de haut en bas, glisse et gonfle, est embrassé, le corps est caressé, parcourus, tombe dans la bouche, est aspiré, tremble, ralenti / le corps est déjà fait / imite et limite, le corps est en transit, il se nourri, est nu, est nu et converge, reproduit, le corps est nuit, recomposé, le corps image se détruit, patiente, mémorise, se lève, se peine, est peiné / le corps est délaissé, le corps n'est pas reconnu, est sans importance au fond, il ne va pas partir sans nous, le corps se vide et se rempli, quitte et reviens, tire est tiré / ses extrémités pointent / corps grabuge frotté aux gravats, continue de s'étirer, le corps est léché, est hésité, s'effondre en creux s’épanche contre corps, ils s'écourtent et se répètent, les corps se pensent les uns les autres, s'attachent en dehors d'autres corps, à l’abri du monde / le corps se fige est neutralisé / il est entouré, le corps est dessiné, tracé, contourné, il flotte et on l'oubli, le corps est confondu, ne compte plus, il compte, démembré, il est mutilé, chiffré, mis en ligne mis à bas, mis à mal, corps est mis en joug, cadré par l'objectif, cerné par des repères, le corps est reporté, asservie, amoindri, réduit, le corps s'engouffre dans une masse, se termine / le corps est poursuivi, se déplace, est tracé, disparaît, le corps dévore est dévoré / est un amas de contradictions / le corps est habitué, il est habité, le corps est quitté / est reconduit, est contourné balisé, justifiant obligé, est épuisé / le corps est laissé là.

 brouillon / notes
sans corrections / avril et mai 2019

09/03/2019

de la repr





                                                                                                 2018

Amorces



Publication dans
le numéro 19 de la revue Nioques
et lecture à Paris en avril 











poème depuis trop tard






on avait bien prévenu
depuis la plage
que le retour
serait impossible


on avait bien dit
constat de vos troubles crises
agents de la représentation
qu’on ne distinguait plus bien
l’uniforme du civil

que le civil lui-même
c’était confondu
de la tête au cul
dans le décors qui l’habillait

ce qui devait arriver arrive
nos jolis petits poèmes
de prospectives abrasives
ont été concurrencés par le réel

c’est ce qui est dit
et encore

le réel comme on le nomme
aurait pris un peu d’avance
sur le retard de votre poussive réalité

sachez
pour commencer
qu’on ne discute pas avec les traîtres

voici l’une des marques de notre primitive éthique
nous parodions vos prétextes fabulistes-démocratiques

c’est peut être aussi et selon vous
le signe de notre manque d’ouverture
condensé de sommes de mauvaises volontés
notre part
cet éternel manque de civisme
dites vous

étrange chose que l’injustice
se plaigne de l’incivilité


il nous faut vous faire remarquer
qu’à ce jour
la violence présumée
s’est contentée de pousser les portes
de vos taudis de parts de sièges

nous ne sommes pas entrés

nous autres un peu sauvages
mais foule est faite de sages

nous renifler d’abords
nous sentir
nous mordre ensuite

tous les corps de métier sont à la rue
boxeur dernier en date
à quand les artificiers

désormais
c’est le 1er mai toute l’année

notre propre est de ne rien pouvoir prévoir
d’y voir suffisamment clair pour faire sans prédire

est là votre gène

ce qu’il manque à la gouvernance
c’est la vue et l’ouïe
ils cherchent déjà et toujours
en temps de chute
les oreilles et les bouches corrompues
quelques yeux en manque d’attention

je t’écris depuis ce lieu quelconque
que tu sauras sans doute retrouver
appuyé de quelques de tes agents appareillés

ce lieu vague et mouvant
des lieux que je suis en lieux que je foule

depuis la plage que j’ai quitté
au dehors du désert
de communes petites entreprises en crise

depuis ce lieu quelconque qui pourtant t’échappe
des menaces que nous sommes
champs, rues, aéroports, gares
depuis l’attente et depuis trop tard

pour conjurer le vide qui te constitue
tu te nourris de nos expressions
de ce que tu en tires de conclusions
tu te nourris et nourris ainsi
les récits que tu montes et qui justifieront
les moyens de ta piétinante progression

tu te renseignes
l’air de rien
tes supérieurs fabriquent
les croisements qui te serviront à relier
le balbutiement de tes organes vérolés
l’air de rien
te pensant camouflé de tous
protégé

ce qu’il reste à faire
en ces temps qui mettent
à nu tout le jeu pipé
que tu souhaites voir perdurer
à nu l’incertitude et l’impéritie
qui on fait des tiens les héritiers
d’un bien pourtant commun
à nu

ce qu’il nous reste à faire
c’est te conseiller
te faire part
de nos bons conseils d’ouvriers

dans la seule langue que tu connais
nous allons t’entraîner
produire du collectif
faire de toi un concourant
nous serons créatifs
tu deviendras le devenir
l’acteur de ta propre victoire
tu as le premier rôle
au sein d’une organisation systémique
c’est une séance participative
sur le thème du départ

notre vœux le plus sincère
tu le sais
alors voilà
pars, quitte
ton poste, ta fonction
tes horizons magouillards
les dessous de table que tu sécrètes,
ta somme de sales petits mensonges
ce que tu appelles encore carrière et mérite
fuis, cours, quitte

sache qu’il n’y aura pas de discussion
pas d’ordre possible
pas de retour probable
on sait se pendre à tes mots
nous ne venons de nulle part

sache que si tu insistes
si tu persistes
à venter la fermeté comme seule oraison
c’est la fermeté qui viendra à toi
mais cette dernière sera celle de la fureur
et l’histoire sait où et comment
l’humanité à su se perdre
se confondre en charnier

au fond
tu suis ce chemin là
car c’est cela ton manque
l’air de rien
ce que tu souhaites
des images de suite et de fins

plus rien ne tiens
partout d’imbéciles fascistes
prennent les pouvoirs
de n’avoir qu’en unique projet
l’anéantissement de tout
ce qu’il reste de vie sur cette Terre

tous agissent en colons décérébrés
bafouent les droits premiers
tous incapables de reconnaître
de percevoir
incapables de sentir
de voir
d’embrasser ce qui est là

tous poursuivent de viles manœuvres
aux services de leurs poches et de fait
contribuent à l’enracinement d’une misère
sensible, matérielle, affective

voilà pourquoi et comment
toi aussi
tu es arrivé là

si nous ne faisons pas tomber
les pouvoirs en place
et l’ordre nauséabond
qui règne sur nos vies
cette terre qui nous précède
faite de tous les éléments qui la soude
ne tardera pas à disparaître

je t’écris depuis trop tard
pour t’aiguiller
comme on aiguille à notre façon
les castors contenants que tu achemines
discrètement

agent
dis à tes supérieurs
de mettre la clé sous la porte
nous nous chargerons nous même
de l’état des lieux

dis leurs qu’il n’y a pas de gueux
et qu’internet n’est pas la raison
de la présente colère bourgeonnante

dis leur que nous redistribuerons
les terres et les pierres

dis leurs encore
que ce qu’ils craignaient hier de l’outre-mer
suit sont court incendiaire
ici même

qu’il ne faudra pas plus de trente semaines
pour faire de la France un pays insulaire

nous connaissons les arrières-cours
la gestion des foules
la fragilité des poutres

tous ce qui t’échappes t’effraie
nous sommes de ceux là

aucun de vos vieux jeux
prétextes à urbanisme
ne suffiront à éteindre le feu
sur lequel on souffle

dis leurs et dis toi
que la fête a commencé

qu’apogée et périgée
en cette époque se confondent

dis leur d’ordonner aux troupes
le retour au panier
d’abandonner toute perspective
offensive et défensive
ne sacrifiez pas les vies
de ceux qui osent encore
retenir vos murs
de leur indiscutable
dessein de ruine

la colère débute déjà
à vous être retournée

avec le temps
nous avons appris
à compter nos morts

dis leurs et dis toi
que la fête a commencé
et qu’une fête qui bat le terre-plein
ne se termine pas toujours bien

depuis nulle part
depuis trop tard


janvier 2019 

___


Texte publié sur le site lundimatin :
https://lundi.am/Poeme-depuis-trop-tard


Retours sur Constats (2015)

Constats
2015, extraits.
1- Mouvement d’eau. Eau (allers). Ressac. Chaque obstacle est amplifié. Mouvement d’eau marque le sol. Retient. Mouvement d’eau devient mouvement du sol. Mouvement dessiné en empreinte. Traces. Puis effacé. Remarqué. Mouvement remarqué de l’eau. 
2- Sol dur. Corps lourd. Corps marquant le sol. Sol marquant le corps. Réversibilité.
3- Sur la petite commune. Geste partagé. Mouvement d’émeute. Avant construction. Ou brèche. Sans construction à la suite. Sans suite autre que le souvenir. 
4- Voyage. Nourri l’homme. Conscience d’un retour (daté). Situation avec une fin. Sans conscience de retour (daté). Voyage perpétuel (fixe). Atopique (géographies variables)
5- Mouvement d’eau descendant. Production des nuages de sables. Appauvrissement du sol.  Gradation.  Dégradation.  Stabilisation.  Mouvement  d’eau  ascendant.  Brouillard  de sable. Anarchie de l’eau et du sable. Court arrêt. Mouvement d’eau descendant.
6- Sol dur. Invariable.
7- Sur le souvenir de la petite commune. Commune de temps et de lieu. Événement succinct. Place publique. Gazage. Refus. Retrait recul des forces de l’ordre banalisé(es). Gazage. Retrait pour éviter arrestations. Projectiles. Encerclement. Corps de gaz. Brûlures. Toux. Bile. Rejets. Retrait civile et policier.
8- Genoux pliés. Pieds vers l'intérieur. Cuisses (muscles) tirés. Dos tiré. Nuque tirée. Bras longs. Poignets fins supportant mains longues et lourdes. Particularité ossature colonne deux crochets au lieu d'un. 
9- Avenue moyenne. Graviers. 
10- Avancer vers (eau). Des trous en cône ou cône inversé. Sol mouvant. Avancer. Creuser jusqu'à l'eau. 
11- Ascèse. Bourdonnement des os dans le corps. Exercice du refus. Détachement de la vue proche vers vue lointaine. (intérieur) Reconnaître l’indicible. Pliures (extérieur / intérieurs) Diminution de la vue (physique). Diminution physique. 
12- La roue doit tourner pour tirer la pierre sous la pression du pied. Le vitriole mort la pierre.  L'image  monte.  Jambe  trop  légère  sur  le  bois.  Pression  bras  longs.  Vingt-sept passages. Le vitriole mort l'image. Fait disparaître. 
13- Le plomb est fondu à 280 degrés comme Saturne. 
14- Le vitriole mort l'image. La nuit ne passe pas.
15- Nous ne pas (dysfonction) le cœur tremble ( assuré) 
16- Demain train 12h07 sans correspondance direct 
17- Les barreaux durs du lit à monter nu ( pieds) . La chaleur dure à tenir haut nu (buste). Le dehors éteint  sec  patiente tiède (nuit) jusqu'à prêt dure (aurore)  puis  plus encore (barreau)  écrasant  titube droit  tête  aux  yeux  vers  le  bas  (sol)  Le  sol  vers  la  marche (décélération) tâcher de mourir puis revenir ( réveiller, acte de ) Quitter.
18- = Enjamber / -bement 
19- Notes sur l'île de Patmos et liens. ( Jean / représentant des- / lettres / livres / brochures / lettres / métiers de- / métier du- / Martyr de / saint de- des- du- / ref.  :Sokrat (inversé) 
20- Mouvement de l'eau. Ne rien représenter.
21- Permanence du départ. Incomplétude de l'attente. Retour perpétuel. Fuite en avant.
22- Lieu sans lieu. Présence sans être. Corps sans lieu. Lieu sans être. Présence sans corps. Être sans lieu.
23- Plomb / Tape / Tapée / Moule / Pression / Plomb / Marquage / Saisie / ( césure ) / Tape / Forme de plomb
24- De carte en carte dépouillé même du manque.
25- L'heure. Chercher l'heure. Avoir. (ne pas). Avoir l'heure. Trouver l'heure. Chercher. Quel temps. Combien de temps. Quelles heures. Quelle heure. Combien. (reste). Chercher les restes.
26- Empêchement. User. Produire. Empêcher. En user. User de l'empêchement. Écrire. Écrire au fond (vers le fond/ un fond / à fond / ) En sortir (de). ( + ou – soi )
27- Il y a encore des châteaux. Il y a encre des familles. (qui dominent qui dominent)  : -les terres – les hommes - les villes – les régions – les pays – les mondes .
28- Archaïque comme le présent perpétuel Archaïque  comme toujours déjà Archaïque comme le plus proche Archaïque contemporain.
29-Port de plaisance : naufrage, crue, sécheresse, vase, vagues, tempêtes, nausée, noyade, hydrocution, tonnerre, suffocation, destruction : port de plaisance. 
30- La mer sur ses rives rejette nos corps. Corps échoués emportés. Donnés au ressac et humeurs houleuses. La mer sur ses rives nous renvoie. L'océan nous rend. Le voyage périlleux et clandestin de la vie. Vies venues de trop voilà leurs constat terrible. Vies viennent  remontent  des  eaux  sombres  et  troubles  ;  notre  présent.  Clandestin  c'est l’existence d'une  terre à  l'autre  clandestin  migrant migratoire est le destin de  chaque homme. La mer sur ses rives, que le temps emporte, à tout ce que l'on ferme, éclot le néant, que des chemins incomplets, la mer sur ses rives, nous rend ce que l'on noie. L'océan n'oublie pas.
31- Table. Table collante, table à sept coins. Trou au centre. Tours du centre. Trois trous triangulaires. (trois) . Tourne table (tournée). Trois pieds. Sept coins ou tranches. Tables bois. Trois pieds. Table stable. Trois étrilles dans le bois. Trois pieds métalliques. (de fonte ou en fonte). Une base tenable. Table collante.
32- Chaise. Bois. Demi-hauteur. Quatre pieds. Un dossier. Conscience d'un dossier. Bois peint. Quatre moins une (nombre de). Dossier stable. Chaises fois quatre en tour de table. Stable. Chaises simples. Sans âge. Plus ou moins.
33- Bois. Bois non-ignifugé. Bois prenant -eau/huile/feu. Bois fumant (pouvoir de). Fumée. Bois fumé. (possible de- / projection). Bois brûlé (brûlant). Image (de-par-pour-provenant). Bois brûlé (carbone/charbon). Bois projeté. Sciure possible. Bois possible.
 
 Extrait publié dans le numéro 15 de la revue Nioques (2016)
 
 - J'ai débuté cette écriture en mars 2015, comme une partie d'un tout, un fragment composé de fragments. Cette partie est celle du constat simple, d'une tentative littérale et objective. Il s'agit pour moi, ici, d'écrire dans le détachement le plus complet. Faire ce geste. écrire comme on tape une déposition.  après accident. Ne plus bouger, diminuer le souffle, toutes les traces possible d'un moi, s'effacer, pour dépeindre ou recopier le monde et ses restes.  Cette écriture est aussi un pont entre la pratique plastique, matérielle et la pratique écrite. Une suite d'ingrédients possibles, de propriétés et d'observations nécessaires. Je compte poursuivre cet exercice, contre mon temps. Contre les émotions factices de ce temps.  (janv.2016)
 
______________
 
 

09/12/2018

Avant



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textes en cours de publication

Reports



Ces formes brèves aux apparences naïves
et pourquoi pas populaires et chantantes
sont sans prétentions, ni corrections


le 7.10.2018


c'est dimanche
on dit ce qui est là
c'est à dire rien

on était tellement crevé
qu'on n'a pas entendu les cloches
pour une fois, c'est cool

il fait gris et gris c'est ce qu'on voulait,
sans nuances, pour une fois, ça tombe bien
on sort pas
on bédave
on se tiens chaud
on lit des textes
on fait des bonhommes qui gonflent des pneus
on dessine des garages ou des cirques
on distribue les dernières nouvelles du crocodile
c'est à la fin du livre.

un jour sans rien
qu'on s'est pas tiré dessus ou quoi
ni qu'on s'est cassé le dos encore
à ramasser les patates, les prunes
à porter des litres d'eau, de malt, brasser
à fabriquer des images, des sens de lectures

ni jeté des trucs à la gueule
des mots ou autre
à faire des livres, écrire ça
on écrit ça,

pas besoin.
on n'a rien foutu d'aujourd'hui
et c'est temps mieux.

instauration des jachères
et des temps perdus.

vous n'aurez qu'à finir l'histoire,
si vous y tenez.

le jour se lève il est 16h30.

remaniez,
le printemps s'achève,
on est en octobre.

on avait gardé nos short,
putain l'état,
l'état actuel.

- on fait pas semblant tu sais,
- on se cultive pas


on n'a pas la place pour parler,

on a des mots comme :
stagiaire.

on a des mots comme :
bif.

on n'est pas spécialistes,
on sait pas,

sauf que,
des mots qui s'éteignent,
c'est pas bon signes,

on sait ça,

alors on préfère se taire,
tu vois.

on veut pas voyager comme ça

on fait des phrases qui ressemblent aux autres
des phrases quelconques,
une écriture quelconque.

mais on ne vit pas d'amour,
et l'eau n'est plus très fraîche

chaque jour se déclare,
comme une guerre

on partage,
peu de mots,
peu d’appétit,

ou des désirs de tables pleines,
et débordantes, la plaine,
d'alcools en tous genres et d'assiettes
sauvages, palplanche, c'est prêt,
à table, émeute !

On noirci la carte,
on ne pensait pas y aller,
c'est pour ça,
là,

perdu là,
loin d'ici.

on ne s'éclate pas,

à se faire prendre

au jeu de ton manque,

on dose

on va s'étaler,

ne pas trop en raconter.


___



le 24.11.2018



ministre de l'intérieur n'est pas inquiet
police tire balle de caoutchouc

10h45 premières barricades
un feu plié trou le sol en tranche

le dress-code c'est signalétique
ambiance logistique 90

12h25 camion blindé
ministre n'est pas inquiet
mais blanc comme un cul

acab et A écrits sur restaurant
les champs changent de gueule

ça cri démission
ça cri destitution
ça sent sédition
et pneu qui brûle
et gaz au poivre

niquer paris est le chant
les bourgeois se rassurent entre eux

sur les plateaux on fait venir un spécialiste
de la gauche radicale
qui dit que c'est la droite

on dirait des enfants à l’abri
dans une cabane sous l'orage

pendant que ça pète
j’étends le linge

je prépare le repas
la journée devrait être longue

barricade défaite
barricade refaite

14h c'est l'anarchie
dit quelqu'un
qui le dit à quelqu'un

ça dépave ici et là
une femme dit que c'est le début
d'une révolution

foule prend possession
de la devanture
du magasin
pour fabriquer
barricade
non ignifugée

cocktails molotov lancés
sur les CRS
à hauteur du Disney
Store

prise des engins de chantier
pour pousser les barrières

certain disent vouloir renommer
les champs élysées
en avenue de la révolution

on entend que pour parer l'émeute la nuit
l'état va déployer ses milices sans uniformes

les flics hésitent
les riches à la télé font semblant
de comprendre

nombreux blessés
paris france hospitalité

la population charge
les nuages se dispersent

le soleil brille
sur les flammes de la terrasse
du café george V
ou de la grue
ça va jusqu'à saint lazare

22h17
après la douche
et le repas
on lit

retrouve moi

de browne


___


Entre le 24.11 et le 07.12.2018


il n'y a pas mille deux,
ni même cinq cent,
à la fin du mois,
et des temps,

on ne fait que compter
les jours, les heures,
ce qu'il faudrait,
ce qu'il manque,

puis on fini,
par ne plus compter,
que sur nous même,

aucun dispositif,
même d’exception,
ne résiste,
à la colère,
de cinq mille corps,

mon quotidien,
improvisé,
de derniers actes,
sur tes murs en faille
viandes démobilisés,

il n'y aura plus rien,
pour nous tenir en respect,

je ne dors plus,
c'est la chance,
qui se lève tôt,

notre économie,
est sans limite,

et nombre d'entre tous,
ont trouvé en fin une voie,
de professionnalisation,

casse et désordre en tous genres,
dis tu,
voilà une intermittence en or,

pas de tickets césu,
mais de nombreux avantages,
temps partiel et taux plein,
par-brise-parpaing,

et chaque matin,
la faim,

ah tiens,
revoilà les miettes,
pendant que les immeubles s'effondrent,
c'est la police que tu augmentes,

pour que ce peuple crève,
c'est la soupe au mérite,
contre 3% de plus,
ajouté au moins,
si jamais,

et j'effrite,
comme pour taire,
toute la haine,
que l'on traîne,
conditionnelle,
et en sursis,

leur fonction,
c'est t'empêcher,
empêcher toi,
et tous ceux que tu es,
de nuire à ce qui t'es fait,

c'est trop tard,
est ce qui est dit,

alors,
c'est depuis trop tard
que l'on parle désormais,
que l'on écrit,

ton état,
dit-de-droit,
agenouille ses enfants par millions,

et c'est proche du lycée Saint-Exupéry,
à la J à l'envolée,
qu'on te demandera de dessiner
le plus rapidement possible
et les yeux bandés,
un mouton,
un mutin,
une commotion,

on peut niquer ta mère de poésie,
et ses formalités,

j'écris depuis ailleurs,
depuis cette révolte sans style,
faite avec ce qu'il y a,

on fait ce qu'on peut,
et pas toujours ce qu'on veux,

c'est ce que dit la chanson,
que tu n'écouteras sûrement pas,

les murs tombent,
et personne,
ne rendra docile une ruine,

les murs tombent,
les rats se déplacent,
rats que nous sommes,
rongent tout ce qui passe,
pour la forme,

et feu le président,
se souviendra d'une soirée,
avec la pyramide en fond,
un jour de pluie à paris mais,

il n'aura fallu que quelques saisons,



(...)


___




Courant octobre, La vie manifeste à publié le texte
LOTISSEMENTS, naissance de l'abondance.
lisible ici : http://laviemanifeste.com/archives/11869





07/10/2018

C’est toujours autre chose




Il est bien difficile de trouver les équivalents de nos désirs les plus inexprimables, mais nous tenterons d'en indiquer quelques points essentiels.

Nous avions veillé toute la nuit, à nous sentir debout tous seuls.

Voilà un monde chancelant qui fuit.

Qui n’oubliera pas son premier amour ne reconnaîtra pas le dernier. Voilà un monde mutilé et des médicastres littéraires en mal d'amélioration.

Les éléments essentiels de notre poésie seront le courage, l'audace et la révolte, debout sur la cime du monde. Nous seuls sommes le visage de notre temps. Nous repousserons toute tendance.
Haïr sans compromis le langage préexistant ; la vie est là.


Nous étions plusieurs qui avions abattu le temple ; nous avons voulu partir ensemble et nous partons. Nous n’avons guère l’espoir d’être heureux, ni la prétention d’être des vainqueurs. C’est à l’aventure, c’est au grand hasard que nous nous en allons.

Des chemins il y en a beaucoup. Allons, vous autres, mes camarades, nous sommes là, égarés. Nous ne croyons plus à grand-chose – nous croyons tout de même à la beauté et à la souffrance – cela suffit.

Ici nous avons le droit de proclamer car nous avons connu les frissons et l'éveil. Nous n'envisageons plus la structure verbale et la prononciation des mots selon les règles de la grammaire, étant donné que nous ne voyons dans les lettres que l'orientation du discours.

Nous avons ébranlé la syntaxe jusqu'à ses fondations mêmes. Nous nions l'orthographe au nom de la liberté de chaque cas individuel. Nous sommes certainement des Barbares puisqu’une certaine forme de civilisation nous écœure.

Nous méprisons la gloire : nous connaissons des sentiments ignorés avant nous. L’ Art et la Guerre sont les grandes manifestations de la sensualité. La luxure est une force, parce qu’elle affine l’esprit en flambant le trouble de la chair.

L’œuvre d’art est l’art du mot. Il y a une littérature qui n'arrive pas jusqu'à la masse vorace. Nous allons répandre l'anarchie là où l'impulsion vers l'avant n'est pas encore arrivé.

Qu'elle crève donc, la forme nouvelle, qui n'est nouvelle que pour cacher l'ancienne essence. En art peuvent exister des dissonances non résolues.

Chaque bruit a un ton, parfois aussi un accord qui domine sur l'ensemble de ces vibrations irrégulières. Le futur est derrière nous.

Nous lançons l'Humour à la gorge de l'Humour. Suscitons une Guerre Civile entre les singes pacifiques. L'instinct de l'Art est en permanence primitif. Ou plutôt, il n'y a pas de révolte, c'est un état normal. 

Le pigment primaire de la poésie est l'image. Ce qui importe, c'est la liaison et que, tout d'abord, elle soit quelque peu interrompue.

Le mot est une affaire publique de tout premier ordre. Tout l’art, tout le métier, tout l’esprit artistique, en tant que beauté, ne sont qu’oisiveté et mesquinerie.

Nous nous tenons aux carrefours des lumières, alertes, attentifs, en guettant les années, depuis la forêt. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous en avons assez des laboratoires d'idées formelles. Ici nous jetons l'ancre dans la terre grasse.

Faites du monde votre Salon. Il n'y a que le contraste qui nous relie au passé. Nous n'admettons plus que nos corps soient déchiquetés au nom de l'impérialisme de la civilisation.

Les écrivains qui enseignent la morale et discutent ou améliorent la base psychologique ont, à part un désir caché de gagner, une connaissance ridicule de la vie, qu'ils ont classifiée, partagée, canalisée ; ils s'entêtent à voir danser les catégories lorsqu'ils battent la mesure. Préparons le grand spectacle du désastre, l'incendie, la décomposition.

Nous faisons bouillonner la vie, puisque la vie bouillonne en nous. Nous avons bousculé le penchant pleurnichard en nous. Nous avons simplement le sens de l'action.

Seul le chômage donnera à chaque individu la possibilité de prendre conscience de la réalité de la vie et de s'habituer enfin à faire sa propre expérience. L'artiste n'est ni prolétaire ni bourgeois et ce qu'il crée n'appartient ni au prolétariat ni à la bourgeoisie mais à tous.

Depuis longtemps était donc venue l’heure de nous manifester. Mais pour avoir considéré que l’artiste doit poursuivre son chemin en silence, nous nous laissions arrêter par une fausse modestie, et nous n’avons que trop hésité. Voici venu le moment de nous lever, sans plus tarder.

L'insatisfaction perpétuelle, voilà notre destin. La lutte en avant, voilà notre forme de vie. Tout acte est un coup de revolver cérébral.

Nous assistons en ce moment au spectacle de nous mêmes. Nous affirmons que l'avenir de l'art est la négation de son présent. Toute œuvre d'art prolétarienne n'est rien qu'une affiche publicitaire pour la bourgeoisie. Nous grandissons.

Plus encore que le patriotisme qui est une hystérie comme une autre, mais plus creuse et plus mortelle qu’une autre, ce qui nous répugne c’est l’idée de Patrie qui est vraiment le concept le plus bestial, le moins philosophique dans lequel on essaie de faire entrer notre esprit.

La poésie existe dans les faits. Les cabanes de safran et d'ocre dans les verts de la Favela, le souffle des nuits bleus, la garde mobile qui recule, sont des faits esthétiques.

Il n'y a pas de lutte au pays des vocations académiques, il n'y a que des costumes. Sur la récitation artistique il y aurait encore beaucoup de choses à écrire.

Le professionnalisme artistique ne saurait se maintenir plus longtemps. La violence à quoi nous nous engageons ici, il ne faut craindre à aucun moment qu’elle nous prenne au dépourvu, qu’elle nous dépasse.

Nous ne pourrions pas être créateurs dans un monde passif, c’est la lutte actuelle qui nourrit notre intervention. L’art de vivre et de jouir. Le grand danger du poème est le poétique.

Nous détestons la politique, ce crapaud galeux, car il n'est pas dans notre nature de faire le commerce d'esclaves, ni noirs ni blancs. Nous n’avons rien à voir avec la littérature, mais nous sommes bien capables, au besoin, de nous en servir comme tout le monde.

Le monde est un entrecroisement de conflits qui, aux yeux de tout homme un peu averti, dépassent le cadre d’un simple débat politique ou social. Notre époque manque singulièrement de voyants.

Depuis plus d’un siècle et demi la dignité humaine est ravalée au rang de valeur d’échange. Il est déjà injuste, il est monstrueux que qui ne possède pas soit asservi par qui possède, mais lorsque cette oppression dépasse le cadre d’un simple salaire à payer, et prend par exemple la forme de l’esclavage que la haute finance internationale fait peser sur les peuples, c’est une iniquité qu’aucun massacre ne parviendra à expier.

Ceci est notre dernier acte en commun; art et littérature ne sont pour nous que des moyens.

Exigez l’évacuation immédiate des colonies et la mise en accusation des généraux et des fonctionnaires responsables des massacres de tous les pays opprimés.

Nous n’acceptons pas les lois de l’Économie ou de l’Échange, nous n’acceptons pas l’Esclavage du Travail, et dans un domaine encore plus large nous nous déclarons en insurrection contre l’Histoire.

Nous sommes certains qu’il existe des jeunes gens autre que nous, capables de signer ce que nous écrivons et qui refusent – dans la mesure où c’est encore compatible avec la continuation de la vie – de composer avec l’ignominie environnante.

Nous lançons les bombes de nos poèmes dans votre hideux ciel européen. Nous ne rêvons pas. L'éclosion des élans crève au delà de nous. L'émeute est une émeute du moi dans l'âme et de l'âme au milieu du moi.

Tous les esprits morts-nés se gargarisent de révolution et d'anarchisme et ils rêvent d'une insurrection dans la rue, quand ils n'ont même pas su s'ameuter en eux-mêmes, contre l'éternelle stupidité de l'esprit ; qui a su ameuter son moi jusqu'à lui tirer le sang d'une larme en peinture ou en poésie ?

La poésie ne sert pas aux besoins. C’est toujours autre chose. Nous n'avons pas le temps de rêver. Une certaine habitude de ce vide façonne nos esprits de jour en jour.

Nous n'acceptons pas parce que nous ne comprenons plus. Pas plus les droits que les devoirs et leurs prétendues nécessités vitales. Dans les circonstances historiques que nous vivons, l’incapacité de tirer les leçons de l’expérience doit être considéré comme criminelle.

Nous sommes résolus à tout, prêts à tout engager de nous-mêmes pour, selon les occasions, saccager, détériorer, déprécier ou faire sauter tout édifice social, fracasser toute cage morale, pour ruiner toute confiance en soi, et pour abattre ce colosse à tête de crétin qui représente la science occidentale accumulée par trente siècles d’expérience dans le vide.

Parce que nous vous haïssons, vous et votre raison, nous nous réclamons de la démence précoce, de la folie flambante, du cannibalisme tenace.

Voici la première ébauche d'un communisme littéraire.

Le soir, quelques-unes des plus belles œuvres d’art produites aujourd’hui sont déversées dans les rues. Son but : agir dans et sur la vie quotidienne.

Il faut bien recommencer.

_

texte issu de 100 ans de manifestes
septembre 2018

09/09/2018

poème depuis la plage





il fait beau,
on est bien ici,
le fort de Brégançon brûle,
les premières poutres tombent,

on enlève nos chaussures,
en arrivant sur le sable,
on se regarde,
il fait beau,

les flammes dansent et s'élèvent,
sur les restes du toit,
du fort de Brégançon,
_
pendant que le jouet de Brigitte explose,
les chiens débutent à mordre leurs maîtres,
nous nous mouillons le haut du dos,
on dit que c'est le thermomètre du corps,

il fait beau,
on se baigne,
on n'a pas de travail,
séquestré dans ce monde,

les pins prennent le vent,
on enlève nos chaussures avant,

les bateaux prennent l'eau,
et l'équipage en lots,

quais des orfèvres la chaussée penche,
la diction est sourde,
c'est une scène sans texte,
sur les restes du toit,

on rentre,
dans le tas : au boulot,
on sort de l'eau et on s'essuie,

on laisse tomber,
on laisse tomber ce qu'on a,

et la chaussée s’engouffre dans la seine avec le quai,
plus de mille uniformes à l'eau ;
qu'on achève les autres.

on a trop soufflé sur les bougies
au château de Chambord,
les rideaux se répandent comme les cris,
le gâteau est définitivement cuit

il fait beau,
ça doit rire,
faut dire qu'on s'amuse ici,
qu'on fait de beaux poèmes

les pieds dans le sable,
on a retrouvé le président-directeur général,
mort depuis quarante jours

on se déshabille l'un à l'autre,
l’Élisée brûle aussi,
on se prend sur un rocher.

des organes en putréfaction,
décors les nouveaux murs de Chambord,
oui, petits nous construisions des châteaux,
pour le plaisir de les détruire,

et le vent et la chute,
nous sentons venir,

notre inhospitalité toute ouvrière,
froideur historique du travailleur,
en sommes,
tout ce qui pour vous caractérise,
notre manque de caractère.

sur la plage,
on se matte,
les internets sont coupés.

j'ai brisé ton crâne contre l'écran que tu tiens pour main, 
et nous rions.
nous faisons les poches à ceux qui passent,
on se maintien.

on roule un pli,
loin de tout on extrait
l' ivresse de la matière
que l'on transforme.

fusillade au palais bourbon !
on se fait un apéro.
le petit fini sa glace,
retourne un fourgon,

on à perdu nos papiers
on a arrêté de voter

c'est de notre faute,
s'il ne reste plus grand chose
des poutres et des tapis
du porc de Brégançon.

la piscine était infestée
de gardes du corps ne sachant nager,

se débattant les uns des autres;
le poids du calibre fait couler,
des trois pièces gonflés d'air,
puis d'eau,

l'eau rentre dans la montre et dans la bouche,
toute une vie à épargner.

c'est notre comédie,

il fait beau,
on se caresse,
on se lèche,

on compte le nombre de bulles 
qui remontent à la surface,

les restes des poutres feront de bons fusains,

le magasin est ouvert,
prêt de la plage,
on met nos chaussures,

il était fermé,
mais nous l'avons ouvert,

on menace de mort,
on fait de beaux poèmes,

on incite à l'émeute,
des ressources humaines,
préfectures carnages,
des exercices de vacances,

on fini notre assiette,

on cherche
à faire chanter le néant
dans lequel on est pris.

Néant fomenté,
triste chanson d'aujourd'hui,

on foule, on trou,
pelouse, parterres
parvis, places, squares, parcs,
marches, promontoires, toboggans ;
quelques glissements,

on foule à moitié nue,
la connerie des aménagements présents,

un gars casse à la masse,
là bas l'horodateur,
comme pour couvrir,
ou annuler le temps.

les heures peuvent se rallonger,
lors ce que les premières briques partent,

on est sur un rocher,
au milieu de l'eau,

lors ce que les premiers blindés s'envolent,
au bruit du souffle qui les aident,

c'est la panique pour vous,
on a les pieds dans l'eau,
pépère,

on ne s'absente pas longtemps,
on ne revient jamais,

les restes calcinés du fort de B.,
sont transférés au palais de T.

la route se fait,
on a les cheveux gras,
on a peu dormis,

le palais est réquisitionné,
dans la foulée,
les portes sont accrochées aux murs,
on s'expose.

on est bien là,
il fait beau,
on va faire simple.

l'eau coule sous les ponts,
la marée-chaussée restante s'affole,

on remplit le bidon d'huile,
le petit bidon,
dans le réservoir,
on accélère,

il fait beau c'est l'été,
on hiberne,

arrangé de tenir notre petit pied à terre,
à l'autre bout du monde et des doigts,

les journées passent,
on fini ce qu'il reste,
on fini le bout et,
on arrête,

la rentrée n'a pas eu lieu,
on a tous vaqué,

l'été on se chauffe le cul,
on snif le calcin,

on patiente l'empire tomber,
on se reluque,

attirés par l'air libre,
quant tout cloisonne autour,
empêche ici,
étouffe partout où ça échappe,

on est ça,

on écrit,
on conjure,
la rencontre fortuite,
d'un parpaing sur un gradé.

une petite carte pour toi,
sur les prospectives que je mène,

tu sais,
souvent je vois avant,

je t'embrasse,
pépère,




_


bévue d'été sans corrections,
aout 2018 sans protections. 

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Texte re-publié sur le site Lundi Matin :
https://lundi.am/Poeme-depuis-la-plage-Justin-Delareux